Le profilage criminel

 

 

Le profilage criminel peut être défini comme une technique favorisant l’identification des principales caractéristiques de la personnalité mais aussi du comportement chez un suspect en se basant sur les éléments du crime qu’il a commis. La technique du profilage criminel a pour but de répondre à trois questions principales :

 

1.      Que s’est-il passé sur la scène de crime ?

2.      Pourquoi ces événements se sont-ils produits ?

3.      Quel type de personnes a pu commettre de tels gestes ?

 

Cette technique repose sur quatre postulats. Premièrement, la scène de crime devrait refléter la personnalité de l’agresseur. La manière dont la victime a été tuée ainsi que des indices recueillis sur la scène de crime peuvent révéler des informations sur la personnalité de l’agresseur. Deuxièmement, le modus operandi devrait demeurer similaire d’un crime à l’autre. Troisièmement, la signature du crime devrait rester inchangée. La signature de l’agresseur représente la façon unique dont il commet son crime, par exemple la manière dont un meurtre est commis ou certains mots utilisés par un agresseur sexuel avec sa victime. Bref, il s’agit de comportements qui sont propres à l’individu, mais non essentiels à la réalisation du crime. Enfin, le quatrième postulat repose sur le fait que la personnalité de l’agresseur ne change pas. Bien qu’une personne puisse modifier certains aspects de sa personnalité, le fondement  lui, demeure inchangé. L’agresseur a développé une personnalité au cours des années et elle ne peut être transformée radicalement sur une courte période. Ainsi, son incapacité à changer sa personnalité conduit à la perpétration de crimes similaires.

 

Les auteurs qui ont étudié le profilage criminel reconnaissent plusieurs fonctions à cet outil d’investigation. Tout d’abord, le profil devrait pouvoir fournir une évaluation psychologique et sociale du suspect. En ce sens, il devrait aider à prédire des caractéristiques de la personnalité ainsi que du statut de l’agresseur (âge, sexe, race, emploi, statut civil, religion, niveau d’éducation) et ainsi favoriser l’identification du type d’individu susceptible d’avoir commis le crime.

 

Ce ne sont pas tous les crimes qui peuvent faire l’objet de profilage. Le profilage criminel est le plus efficace dans les cas où un agresseur sans lien avec la victime a commis un crime laissant entrevoir une certaine psychopathologie. Plus concrètement, il s’agit des crimes qui présentent les caractéristiques suivantes : présence de torture sadique lors d’une agression sexuelle, éviscération, mutilations post-mortem, meurtre sadique avec mutilation, viol, crimes sataniques et ritualisés, pédophilie. On peut également compter parmi les crimes pouvant être soumis au profilage ceux qui font partie d’une série. Les crimes où il y a maquillage de la scène de crime et signature caractéristique se prêtent mieux au profilage que les crimes violents dits normaux. Enfin, les crimes qui sont accompagnés de verbalisation de la part de l’agresseur procurent plus d’informations à analyser pour la personne chargée d’établir le profil.

 

Trois raisons expliqueraient pourquoi certains types sont plus compatibles que d’autres avec la technique du profilage. Tout d’abord, ces crimes (qui impliquent l’agression d’un ou d’une étrangère) sont les plus difficiles à résoudre à partir des techniques traditionnelles d’enquête de la police. Ces délits impliquent un nombre élevé de suspects potentiels, rendant la tâche des policiers ardue. Ensuite, ces crimes comportant un contact entre l’agresseur et la victime sont ceux qui révéleront par la scène de crime certains aspects de la personnalité et des motivations de l’agresseur. Enfin, le profilage criminel est le plus souvent mis à contribution lors d’enquête sur ce type de crimes en raison de la grande pression médiatique et de l’anxiété générées dans la population par la commission de ces crimes.

 

Exemple : Le profilage psychologique

 

Le profilage criminel semble relativement récent. Pourtant, le premier profil, comme nous l’avons vu, remonte à Jack l’éventreur. Un peu plus tard, dans les années 1950 et 1960, on fit appel à un psychiatre du nom de James A. Brussel afin de construire un profil de personnalité du « type de personne » qui pourrait être responsable d’attentats à la bombe (le Mad Bomber) ou de meurtres par strangulation à Boston (l’étrangleur de Boston). En outre, le Dr Brussel et plusieurs autres psychologues ont été sollicités afin d’aider les policiers dans la résolution de meurtres en série, tels que ceux du fils de Sam (David Berkowitz). L’habileté du Dr Brussel à interpréter des comportements bizarres et à adapter ses connaissances psychiatriques à la réalité de l’enquête policière s’est révélée une tactique efficace. Cependant, cette approche du profilage ne s’effectue pas selon une méthodologie bien établie. Cette technique repose plutôt sur l’expérience et les connaissances du professionnel de santé mentale, cette expérience pouvant être variable. De plus, rares sont les professionnels du comportement qui ont une expérience dans le domaine de l’enquête policière et des domaines qui y sont liés (par exemple, la criminalistique). La construction du profil s’effectue en identifiant des caractéristiques de psychopathologie qui correspondraient au crime commis. Cependant, ce diagnostic peut varier d’un professionnel à l’autre.

 

Malgré ces limites, le profilage psychologique continue d’être utilisé dans de nombreux pays, surtout en raison de son accessibilité. Cependant, son approche idiosyncrasique nuit à l’établissement d’évaluations comparatives de la validité de la procédure.

 

Le recours aux professionnels dans les enquêtes de crimes violents est demeuré sporadique jusqu’en 1978, lorsque le FBI a mis sur pied un programme de profilage criminel dans son unité des sciences du comportement, Behavioral Science Unit, maintenant connue sous le nom de Investigate Support Unit, situé à l’intérieur du Critical Incident Response Group (CIRG) à l’académie  du FBI, de Quantico, en Virginie.

 

 

 

 

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